Retour de compliment

Février s'enfonce avec sa "Semaine des enseignantes et des enseignants" pour leur redonner le courage que le manque d'heures d'ensoleillement contribue à saper.

 

100ième jour.  
 

Le moral des troupes est au plus bas. L'employeur s'amuse à détruire tous les acquis sous prétexte du manque de personnes dans la banque des suppléants!   Pas surprenant, choisir le métier d'enseignante rebute même celles qui ressentent l'appel de la profession.  

 

Tout d'abord, ça prend des lustres avant d'avoir un salaire décent.  Pour donner une idée, un policier se tape 3 ans d'études collégiales et atteint son plein salaire, à peu près équivalent à celui des enseignantes, après 6 ans alors qu'une enseignante doit faire 4 ans d'études universitaires et atteindre son plein salaire après 17 ans!  17 ans!  Le temps de se rendre à la retraite ou presque.  Pas que l'on fasse ce métier pour l'argent mais il faudrait quand même pas devenir missionnaire!

 

Ensuite, qu'en est-il de la reconnaissance du temps?  À chaque année, on signe un bel horaire précisant l'utilisation de nos précieuses minutes pour le balancer aux oubliettes des belles résolutions, dès la rentrée et jusqu'au 24 juin, afin de s'assurer que toutes les petites vies dont on s'occupe recevront tout ce dont elles ont besoin pour apprendre et pour grandir.  Laissez-moi vous dire que c'est plus que 32 heures.  Sans oublier que l'on se fait rabattre les oreilles avec nos "vacances payées de deux mois", vacances pour lesquelles le système de paye garde de côté une partie de notre salaire pour qu'on le reçoive pendant l'été.  On se paye des vacances!  Pas l'état.

 

Ouf!  Est-ce que j'ai parlé de l'intégration des enfants en difficulté? Cette semaine, dans Le Devoir, un article: "La CSDM élargit l’inclusion des élèves en difficulté", présente les intentions de la présidente Catherine Harel-Bourdon d'en garnir les classes.  Cet enfant a plus de deux ans de retard dans ses apprentissages?  Qu'à cela ne tienne!  Le professeur adaptera son enseignement!  Imaginez un enfant qui possède à peine les acquis de la première année débuter sa troisième année comme si rien n'était.  On passe du décodage des lettres et des sons à une compréhension des inférences, un peu comme si on donnait à la fois un cours pour conduire un tricycle et un vélo de montagne.  Faisable, vous me direz, mais sécuritaire?

 

Bon, ça y est, j'ai sorti le trop plein! Heureusement qu'il y a la reconnaissance des témoins du dévouement des enseignantes!  

 

Hier, à mon école publique, tout un groupe de parents a sorti les belles nappes, a fricoté des bons plats, a apporté leurs desserts d'apparat et a fait couler quelques larmes de vin dans nos verres. C'est un moment très spécial à l'école où je travaille. Il revient à chaque année et, cette fois, j'ai bien compris pourquoi c'est en février que l'on dit merci aux enseignantes. C'est parce que c'est un mois où la ferveur baisse tout d'un coup, comme une baisse de courant fait baisser les lumières, et que toutes les attentions reçues contribuent à remettre les machines en marche.

 

À tous ces parents qui sont témoins de tout ce qui se fait pour accompagner leurs enfants dans leurs apprentissages, je dis "Merci!" du fond du coeur.  Ils me rappellent que, lorsque je termine ma journée passée en présence de leurs enfants, je suis reconnaissante pour le travail accompli et les liens entretenus.  Je le dis depuis le début de ma carrière et je le dirai jusqu'à la fin: chaque enfant qui entre dans ma classe aura sa place dans mon coeur, pour toujours.

 

Le printemps s'approche, caché dans la neige folle.  Le redoux reviendra.  

 

 

P.S. La mousse au chocolat et la tartelette au citron meringuée étaient à se jeter par terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Devoir: "La CSDM élargit l’inclusion des élèves en difficulté"

 

Photos: Michelle Courchesne

 

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