Tomber

27/4/2019

Tomber sur le cul.

Tomber de haut.

Tomber en bas de sa chaise.

Tomber en amour.

Tomber à pic.

Tomber sous le charme.

Tomber des nues.

Tomber mal.

Tomber malade.

Tomber le masque.

 

 

Tomber dans ses escaliers glacés.

 

Deux grosses prunes bleues ont poussé sur mes fesses plus vite que ce printemps qui se fait attendre.

 

Bleu foncé. Bleu orage. Bleu colère.  

 

Bleus. Gros bleus qui font mal.  

Qui font très mal.

Plus moyen de m'assoir nulle part.

Le geste anodin de me déposer sur une chaise se transforme en torture médiévale. 

Me pencher en avant suscite des douleurs inversement proportionnelles à la banalité du mouvement.

Devenue petite vieille avant l'heure, je pratique l'humilité des estropiés et des courbaturés perpétuels.

Mais comment faisait ma grand-mère?

 

Dans le silence des trois semaines passées à la maison, les vieux démons ont rugi.

Les peines ancestrales ont révélé des indices de leur provenance.

 

Laisser couler.  Laisser couler.  Laisser couler.

La rivière déborde et la tempête semble intarissable.

 

Le sommeil apaise.

Reposer.

Repos.

 

Les fantômes silencieux attendent la prochaine digue à écrouler.

Je ne reviendrai jamais du torrent tumultueux.

 

"Tu vas revenir.  Tu vas revenir." me rassure une main amie.

 

Nouvelle née, une énième fois, je balbutie.

 

Ça revient.

 

Dans l'oeil, ça revient.

 

Retoucher aux images.

Raviver l'étincelle enfuie.

Allumer les phares de la vision transcendantale.

Au retour du naufrage, la rescapée retrouve en souriant ses pantoufles préférées.

 

 

 

 

Merci à la communauté de sorcières, de fée et d'ogres

qui m'ont entourée et dorlotée pendant trois semaines.

 

 

 © Texte, oeuvres et photos de Michelle Courchesne.

 

 

 

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