La démocratie à coup de bottes

En rentrant du centre où je médite, j'apprends que le charmant jeune homme que nous avions accueilli cet été a été battu par la police.  

 

Il est Catalan.

 

 

Il voulait aller voter dans le cadre du référendum Catalan et il s'est fait tabasser par la police qui y va sans distinction.  Il nous dit:

 

"Ils tapent sur des mères avec leurs enfants et des vieilles personnes juste en face de moi.  Je ne peux pas exprimer comment je me sens en ce moment. [...] Nous chantions devant le bureau de vote.  Ils [La garde civile] chargent  les gens, se mettent à courir et cognent.  Je vous en supplie dites à tous ce qui se passe ici.  Je devais aller voter mais la police est arrivée, a commencé à nous battre, a défoncé la porte de mon école primaire.  Ensuite, ils ont volé les urnes.  Je me suis mis à pleurer.  Ils tapaient une jeune mère avec son enfant.  Des personnes âgées sur le plancher semblaient n'être rien [pour eux].  C'était dégoûtant."

 

La candeur de ce jeune homme me revient, sa douceur, sa délicatesse, son espoir d'un monde meilleur et son intérêt passionné pour l'histoire, avec un grand H.  Celle qui s'écrit aujourd'hui ressemble au Moyen-Âge, à la barbarie, à la loi du plus fort.

 

J'ai honte pour la démocratie.

 

Hier soir, le spectacle de Marie Chouinard, inspiré du triptyque de Hieronymus Bosch présentait, en deuxième partie, le volet Enfer de l'oeuvre.  La chorégraphe nous a plongé dans un univers sans merci où un malaise grandissant  nous rendait de plus en plus inconfortables.  

 

Pourtant, ce n'était qu'illusion.  

 

Les coups de bottes dans les flancs de la mère près du bureau de vote étaient, eux, bien réels.  

Nous sommes tous reliés.

 

 

 

Reliquaire des Petites Franciscaines de Marie, à Baie-St-Paul.

 

Ci-haut: "The trap" (2012-2017), oeuvre de Ronit Baranga (Israël), porcelaine et fil de lin.

(Photos de Michelle Courchesne)

 

 

 

 

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